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La confiance est la clé pour le futur.

Le scientifique Gerhard de Haan étudie l’avenir. Selon lui : « Seul celui qui suscite la confiance en l’innovation saura persuader les sociétés du bien-fondé du changement. »

12.02.2021 Interview: Bernd Zerelles – Artwork: Dean Giffin – Photos: Markus Rock Temps de lecture : 11 min.

Hologramme

Professeur de Haan, comment définiriez-vous le futur ? Est-il une projection déterminée par des événements passés, ou un espace-temps offrant d'infinies possibilités ?

De mon point de vue, ce serait un peu les deux. Avec tout ce que nous avons déjà réalisé par le passé et ce que nous accomplissons à l’heure actuelle, l’avenir est déjà en cours de réalisation, car c'est là où se produiront les conséquences de nos actes passés et présents. D’un autre côté, rien n’est prédéterminé au point que toute projection ou nouvelle idée personnelle serait superflue. Sinon, cela nous laisserait croire qu’il est possible de prédire l’avenir. Nous n'aurions plus qu’à rester les bras croisés tout en nous demandant à quoi bon entreprendre, puisque ce que l’avenir nous réserve finira de toute façon par arriver. Or, l'avenir n’est pas prédéterminé. Même un prévisionniste n’opère qu’avec des probabilités. Prenons pour exemple le changement climatique. Les prévisionnistes argumentent en disant qu’une poursuite de la hausse des températures se profile à l’horizon, et que si l’on ne change pas de comportement, c’est exactement ce qui va se produire. Sur ce point, les chercheurs en prospective déclarent : une poursuite de la hausse des températures est probable, et si nous voulons en éviter les conséquences à l’échelle planétaire, alors il faut trouver d’autres options pour l’avenir, en ce qui concerne la manière dont nous gérons notre économie, dont nous vivons et dont nous nous déplaçons.

 

En tant que chercheur en prospective en cette époque incertaine, êtes-vous plus sollicité que jamais ?

Disons que l’on remarque une quête croissante de réponses qui n’ont pas trait à la maîtrise des pandémies sur le court terme. Confronté à la grande dynamique des mutations sociétales et à un niveau élevé d’innovations, on nous demande aujourd’hui bien plus fréquemment que par le passé de définir les nouvelles options qui s’offrent à nous, ou les modifications qui doivent être envisagées. Ce faisant, nous essayons toujours de créer de manière participative – souvent avec des acteurs sur place – des idées pour le futur et de replacer ces possibilités dans un contexte plus vaste. Autrement dit, nous n'allons pas nous limiter à un seul secteur comme l’industrie automobile, une institution ou encore l’école. C’est le contexte plus large qui nous intéresse - telles les mégatendances - et ses répercussions possibles sur différents secteurs ou institutions.

 

Vous analysez les processus de transformation de la société. Quelle démarche suivez- vous ?

La prospective ne se base pas sur des prévisions au sens strict du mot, avec analyse de probabilités statistiques. Nous travaillons avec des probabilités, mais dans l’acceptation courante que chacune a de ce terme. Il s’agit plutôt d’évolutions probables reposant essentiellement sur des plausibilités. Nous essayons de trouver des raisons tangibles de prévoir certaines évolutions à venir. Les prévisions présentent peu d’intérêt dans ce cas de figure. L’évolution de certaines réalités ne peut que rarement être prédite de manière purement linéaire ou exponentielle. Nous cherchons les explications permettant de justifier la poursuite, ou l’arrêt, de telle ou telle évolution. Mais nous accordons également une place importante au passé, car nous cherchons tout ce qui s’inscrit dans la durée. Quelles sont les évolutions qui ont cours depuis longtemps ? Elles nous donnent beaucoup d'indices et d'éclairages.

L’esthétisation est une tendance universelle. Nous attribuons aux choses et événements une signification tout à fait personnelle.

Miroir liquide

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Prenons, par exemple, le processus d’individualisation qui nous accompagne déjà depuis l’avant-dernier siècle, voire même bien plus longtemps. Dans notre culture, la volonté marquée d’être perçu comme un individu et de se définir comme une personne singulière, ou d’avoir son propre mode de vie, est présente depuis des siècles. En témoigne, par exemple, l’abandon des guildes ou de l’héritage de fonctions ou l'évolution de modes relationnels. Il y a 140 ans, on se mariait pour la vie. Aujourd’hui, on envisage de changer de partenaires selon les étapes de sa vie. On sort aussi d'une idée binaire du genre. Tout cela a évolué et peut s'inscrire dans le cadre du processus d’individualisation. On constate en outre un intérêt durable et croissant pour une participation accrue aux processus décisionnels. Ce souhait participatif mobilise de nombreuses personnes dans toute la société. Nous pouvons être sûrs que cette tendance va se poursuivre, car elle est sous- tendue par des intérêts qui ne changent pas rapidement mais qui se sont construits sur une très longue période.

 

Comment nos sociétés évoluent-elles actuellement à l’échelle mondiale ? Et quel est le moteur de ce changement ?

Ce processus d’individualisation s’observe dans le monde entier – même dans les pays fortement orientés sur la collectivité, comme par exemple la Chine. L’esthétisation - le processus de donner une forme et mettre en scène la présentation de nous-même - est elle aussi une tendance universelle. Pas uniquement en affirmant son appartenance à un groupe en portant, par exemple, des vêtements particuliers, mais plutôt en donnant une signification personnelle à des choses ou des événements. Un objet, comme une voiture d'une certaine marque, n’est plus un simple symbole de statut traditionnel. On le désire car on lui prête soi-même une signification et un sens particuliers. La question n’est plus de savoir combien le produit a coûté, mais quelle valeur il a à nos yeux. Il y a plusieurs années, on a pu observer un basculement permettant d’illustrer parfaitement ce propos : les cercles aisés, qui jusqu’alors achetaient exclusivement leur champagne en épicerie fine, ont découvert que le champagne du magasin discount était tout aussi bon. Ils n’ont donc pas hésité à faire leurs achats dans ce type de magasin puisque s’y trouvait le produit souhaité pour s’affirmer. C’est ainsi que l’étiquette de la bouteille fut reléguée au second plan. 

Au sein d'une société, les attitudes indiquent les attentes de l'avenir.

Quand les gens sont-ils en quête de changements ? Ou posons la question autrement : peut-on affirmer que le futur est avant tout un état d’esprit, une attitude ?

Oui, parfaitement. Le mot « attitude » inclut à la fois nos normes, valeurs, sentiments et préférences. L’attitude indique également les attentes d’une société vis-à-vis du futur. Par exemple, nous pouvons observer des attitudes qui témoignent d’une certaine ouverture d’esprit face à l’avenir et d’une réceptivité aux processus de changement, et d'autres au contraire, qui témoignent d’une certaine forme de résistance aux changements ou de résistance face aux évolutions. Cela s’observe auprès des mouvements généralement populistes qui tiennent avant tout à préserver les anciennes valeurs et habitudes. Ils n’acceptent pas les innovations, soit parce qu’ils n’arrivent plus à les suivre, soit parce que ces dernières les ont laissés sur le bas-côté. Alors qu’à l’opposé, d’autres groupes plus jeunes créent de nouveaux modes de vie, qui intègrent le monde devenu numérique et le considèrent central dans leur vie.

 

Comment les sociétés peuvent-elles ouvrir des possibilités, construire un avenir durable, et produire des innovations ?

Il y a quelques années encore, j’aurais dit que cela requiert tout d’abord un haut degré de liberté individuelle et de libéralisme, ou encore la promotion de la créativité individuelle. Aujourd’hui, je n’en suis plus si sûr. On ne peut plus dire que la liberté individuelle est essentielle pour concevoir et développer soi-même quelque chose sur le plan de l’innovation. Les « 21st Century Skills », ou compétences du XXIe siècle, telles que la créativité ou l’esprit critique ne sont pas transmises par un système éducatif visant à faire progresser chacun d’entre nous, mais presque toujours par des initiatives reposant sur de nouveaux groupes sociaux. Ce sont donc des systèmes ou des développements collaboratifs qui, bien plus que l’activité individuelle, contribuent à l’innovation. Autrement dit : l’intelligence créative d’une équipe hétérogène est plus développée que celle de chacun de ses membres. 

Projections

Les sociétés évoluent-elles plutôt lentement ? Ou certains facteurs accélèrent-ils le changement ?

Pour ce qui est de l’état d’esprit, puisque vous en parliez, les changements sont très lents. L’évolution des modes de vie en est une parfaite illustration. De nombreuses variantes de styles de vie, qui ont remplacé les modèles traditionnels de classe sociale, montrent que de tels changements sont plutôt lents. Mais il y a aussi, bien sûr, des moteurs de changement très puissants. Par exemple, les innovations résultant de nouvelles technologies très dynamiques qui ouvrent des possibilités entièrement nouvelles.. Je pense notamment aux « Wearables », ou lorsque nos vêtements communiquent avec ceux d’autres personnes. Ou les sens augmentés, où des informations sur d'autres personnes nous sont présentées lorsque nous les rencontrons. Ces processus donnent naissance à quelque chose d’absolument inédit. La question n’est pas de savoir s’il s’agit, dans une perspective plus vaste, d’une évolution utile ou non, mais plutôt si ces innovations rencontrent un accueil favorable. Dans le cas idéal, l’utilisateur potentiel de cette innovation se dit : « Formidable ! Je ne savais pas que j’en avais absolument besoin. »

 

Vous avez récemment déclaré dans une interview que les crises telles que la pandémie actuelle ont plutôt un impact à court-terme en matière de changement, et que les gens reviennent rapidement à leur comportement antérieur.

C’est effectivement mon point de vue. Nos habitudes sont particulièrement stables. Toutes celles et ceux qui ont déjà essayé d’en changer en ont fait l’expérience. Chaque année, résolutions du Nouvel An obligent, on se promet de faire plus de sport. Mais qui s’y tient et pour combien de temps ? Si on pense aux personnes qui tentent de modifier leur alimentation ; la plupart d'entre elles ne s'y tiennent pas. On revient généralement à la situation initiale, qu’il s’agisse d’exercice physique ou d’alimentation. Car ce sont des habitudes que l’on a prises depuis très longtemps. D’un autre côté, nous voyons dans cette pandémie un moteur favorisant le télétravail et le numérique. Je suis persuadé qu’à l’avenir les nouvelles questions en termes d’efficience seront : ce voyage d’affaires est-il absolument nécessaire ? Faut-il que nous soyons physiquement présents ? Ou une simple connexion et une discussion de 45 minutes à distance suffisent-elles ? Dans ce cas de figure, de nouvelles habitudes peuvent effectivement voir le jour. Mais il existe également une forte volonté de revenir à ses anciennes habitudes : se rendre dans les mêmes restaurants ou se retrouver dans les mêmes clubs qu’auparavant.

 

Les habitudes des individus, ou, pour être plus positif, la résilience des sociétés est-elle plus forte que les peurs face aux processus de changement ?

Les craintes et les peurs sont plus importantes en Allemagne que dans bien d’autres pays. On se dit ici que si l’on ne connaît pas les effets et répercussions de ce qui est nouveau, mieux vaut s’en priver. D’autres cultures, comme par exemple le Brésil, le Royaume-Uni ou encore le Vietnam ont une autre mentalité. Dans ces pays, même si l’on ne connaît pas les effets de l’innovation, la volonté d’essayer prédomine. 

Prof. Dr Gerhard de Haan

Prof. Dr Gerhard de Haan

Prof. Dr Gerhard de Haan est professeur de prospective et de recherche en éducation. Il dirige l’Institut Futur de l’Université libre de Berlin. Dès 2010, il y a établi un programme de Master en prospective, le premier de l’espace germanophone. Après des études en sciences de l’éducation, en psychologie et en sociologie, il a passé une thèse de doctorat intitulée « Nature et éducation » puis une thèse d’habilitation sur « Le temps dans la pédagogie ». Ses travaux de recherche portent sur la prospective, la société du savoir, la recherche sur l’innovation et le développement durable. Actuellement, deux questions l’intéressent plus particulièrement : comment une société doit-elle se positionner aujourd’hui pour être durable sur le plan du savoir et de la connaissance ? Comment la prospective est-elle possible ?

 

Prof. de Haan travaille depuis plus de 20 ans dans la recherche en éducation et a mené parallèlement de nombreux projets de recherche et de développement. Il a notamment été conseiller du Ministère fédéral allemand de l’enseignement et de la recherche pour le programme d’action mondial de l’UNESCO « L’éducation pour le développement durable » (2015-2019) et a travaillé pour de nombreuses instances nationales et internationales. Il a plus de 300 publications à son actif, sur des sujets aussi divers que « Éducation et développement durable », « La société du savoir », « La recherche sur les risques », « Histoire de la culture » et « Éducation et avenir ». Prof. Dr Gerhard de Haan est titulaire de la Croix de l’ordre du mérite de la République fédérale d’Allemagne.

La perception de l’avenir s’inscrit-elle donc toujours dans un contexte plus vaste que celui de l’appréciation personnelle ?

Tout à fait. Les perspectives d'avenir varient considérablement d'une personne à l'autre. Ceux que l’on appelle les jouisseurs de la vie sont très ouverts face aux innovations. Ils jugent l’avenir en se demandant ce qu’il leur réserve d’attractif. Ce groupe est très axé sur les loisirs, très dynamique, toujours en quête de nouveaux événements et objets dont s’entourer. À l’opposé se trouve le milieu conservateur, peu intéressé par les changements. Mais entre-temps, les petits systèmes collaboratifs de seulement 50 ou 150 personnes, regroupés en réseaux sociaux, ont dépassé ces catégories. Certes, toutes les décisions prises dans ces groupes ne sont pas nécessairement collectives, car ici aussi on trouve des faiseurs d’opinion pour dire ce qui est important dans tel ou tel contexte. Mais le point essentiel est que ces groupes donnent à l’individu le sentiment de ne pas se trouver seul sur la voie qu’il suit, mais toujours au sein d’une communauté.

 

Un « Nous » fort et cet esprit communautaire créent-ils une ambiance de renouveau pour le futur ?

En matière de changements, ce sentiment qu’éprouvent les membres de la communauté de tous vouloir la même chose est déterminant pour agir. Prenons pour exemple le développement durable. Les plus concernés sont les plus jeunes au sein de la société, la tranche d’âge des 14 à 24 ans. Or bien qu’ils soient les plus touchés par ce phénomène, ils n’agissent pas différemment de ceux qui ne se sentent pas concernés. À quoi est-ce dû ? Ils ont l'impression d'être les seuls à s'en soucier. Et si on leur demande ce qu’il en est de leurs amis ou au sein de leur famille, tous répondent en chœur que cette thématique ne les intéresse pas réellement. Ils se sentent donc isolés et ne changent rien. L’esprit communautaire, un « Nous » fort, est indispensable pour ce type de changements.

 

Les changements sont donc définis par nos pairs ?

Oui, ils jouent un rôle décisif. Une autre thématique essentielle également pour effectuer nos analyses en prospective, est celle de la confiance. Quelle source d’information est fiable ? Pour certains, la confiance se limite au journal local. D’autres ne lisent que le journal du dimanche et accordent crédit à tout ce qui y est écrit. Certains se fient à d’autres réseaux comme par exemple YouTube, et d’autres enfin à leurs pairs. En matière de prospective, la question est toujours : comment l’individu parvient-il à instaurer une relation de confiance avec ce qui se dit ? Un exemple : je suis membre de l’Académie allemande des sciences techniques. La question qui m’y est souvent posée, en tant que spécialiste des sciences sociales, est : comment créer une acceptation des nouvelles technologies ? Avant de faire accepter les technologies, il faut s'assurer qu'elles trouvent un écho auprès des gens. Et cette résonance doit être fondée sur la confiance dans les innovations que vous avez développées. 

Le futur repose finalement sur des projections.

L’acceptation du futur repose-t-elle sur la confiance ?

À mon avis, oui. Car quelle est la valeur de référence pour l’avenir ? Il ne s’agit pas d’une réalité que nous pouvons déjà observer. Et vivant dans une société dynamique, nous ne pouvons pas non plus aborder nos attentes vis-à-vis du futur en nous basant uniquement sur nos expériences passées. Le futur repose finalement sur des projections. Et lorsque celles-ci sont présentées à d’autres, l’essentiel est alors de susciter la confiance – sinon aucune foi ne sera accordée à ces projections, dont l’efficacité sera réduite à zéro. Cette approche s’applique également aux entreprises. Elles doivent susciter la confiance dans les idées qu’elles développent. Ce point est déterminant.

 

Et vous, personnellement, avez-vous confiance en l’avenir ? L’attendez-vous joyeusement, l’esprit positif, ou plutôt avec inquiétude ?

À certains égards, c’est l‘inquiétude qui prédomine, généralement en ce qui concerne le développement durable et notamment le changement climatique. Les informations à ce sujet ne sont pas de nature à me réjouir. J’ai appris dans de nombreux domaines à développer une approche plutôt complexe. Il existe de nombreuses innovations attractives – également efficaces dans la lutte contre le changement climatique. Mais la question est alors : quelles sont non seulement les conséquences de ces innovations, mais aussi les conséquences des conséquences de ces innovations ? Car c’est seulement alors qu’apparaissent les risques et dangers, qui même dans le cas de changements initialement bien intentionnés, finissent par entraîner le scepticisme. Bien des choses sont actuellement possibles sur le plan technologique, par exemple en ce qui concerne les énergies régénératives ou les nouvelles formes de mobilité. Mais le changement est une tâche globale. Et sur le plan mondial, nous ne sommes pas réellement sur la voie d’une société durable, même avec les nouveaux systèmes de propulsion – tout du moins pas tant que quatre milliards de personnes souhaiteront posséder un tel véhicule. Mais mon scepticisme est peut-être aussi une question d’âge.

 

Autrement dit, votre expérience de la vie se reflète dans votre vision du futur. Mais la jeune génération est peut-être plus ouverte face à l’avenir.

Sûrement. Les vieux sages ont trouvé une solution pour presque tout, et la jeune génération est censée accepter ces solutions. Je conseille aux jeunes de ne pas suivre ce qui s'est passé avant, mais de trouver leurs propres réponses aux grands problèmes de leur temps, en restant fidèle à la devise : "Si ceci est censé être la solution, alors redonnez-moi le problème". Mieux vaut y réfléchir à nouveau soi-même et développer des innovations, que d’autres à leur époque n'auraient même pas pu imaginer. Il faut laisser la jeune génération développer des idées créatives et ne pas nécessairement marcher sur les pas des aînés. 

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